L’ange est venu avec cette drôle d’idée en tête – l’ange c’est toi ou c’est moi ? Ah !

00 H 00

Seule et sans attendre personne

Tout est calme

Tout se prépare

01 H 01

L’isolement est précaire

derrière la porte comme un bruit de bottes

- un Notre père ?

02 H 02

Une présence s’approche et se réclame illico

“Complémentaire”

la belle affaire !

03 H 03

Que dit ma volonté :

“je cherche à Communier à quoi bon vouloir me marier”

04 H 04

Revient vers moi la Force

le pouvoir de Terre mère

Il te faut travailler … Encore…  Relève-toi !

05 H 05

Transmettre et créer telle est la Source vive… Et tourne encore l oreiller !

06 H 06

Initiée par les nuances d’un voyage chimérique et bleuté

ne plus choisir et s’en remettre à l’instant d’après

Juste en douce  et sans la moindre peur   s entrndre rever

“Qui te fermera les yeux ?”

07 H 07

S’élèvent encore des vents contraires

depuis le canapé renversé

laissé le Christ en soi remettre de l’ordre dans tout ça

08 H 08

Libre je m’évapore et vous refais le coup de l’Appel d’air

09 H 09

Complexes et solitaires restent les quêtes

à la vie intérieure disciplinée

10 H 10

Au coeur un simple appel “Je suis de Toi j’ai confiance en Toi tu es ma Joie”

11 H11

Alors Tu es venue

Une lumière invisible et tendue vers un but

traverse la moindre de mes nervosités et finit par m’ouvrir  lèvres et bras

ah !

12 H 12

Je te sens je te veux  je te vois

A l’épreuve du renoncement et du déjà-vu saurons-nous

briser le plus vénérable Karma

13 H13

Depuis l’espace en bras

accueillir en Soi le goût de l’Autre avec un air de fille  et falbala !

14 H14

Un seul Etre vous traverse et  de joie te foudroie

15 H 15

c’est le 1 + 1 magnétique

de notre bulle mathématique

16 H 16

Jusqu’à l’envie à nouveau d’être seule

avec au coeur et au corps une simple fiertée

“je peux vivre sans toi”

17 H 17

Ma force est créatrice

je dépasserai l’imaginaire s’il le faut

l’élan est mon droit

18 H 18

Ta magie Mes illusions

je te sens depuis le moindre espace libre

- à quoi bon tes mains sur moi

- dans le noir je te vois

19 H19

Fécondées par la plus solaire des lumières

une pluie d’étoiles nous tombe dessus

et patatra

- que faire ?

20 H20

depuis là-haut et  le Très-bas

d’un simple souffle

rejoindre sans bras les oiseaux

leur mythologie sublime – leur mythologie fragile

21 H21

A mon Oeil une couronne

Un éclat qui ne séteindra pas

je le sais

Je Te crois

22 H22

Je connais ma mission

le génie est en Toi

la force c’est moi

23 H 23

Protégées et par un héritage céleste redevenues virginales

L’ange c’est Nous

A ses jambes – deux fleurs coupées

Depuis la chair et le corps

en avoir  - comment dire – plein la gueule

Les rideaux de la chambre par superstition fermés

depuis la main sur le bouton de l’ascenseur choisir l’escalier

Vaincue par la peur et les soubassements

Et dans le plus inavouable des voeux

s’imaginer encore une fois être à l’Oeuvre

‘Livia avance et rejoint le  bar

au ventre – l’envie de fumer

en quête de chaleur et  par l’audace de la fuite

s’en retrouver  là  - femme et  totalement  défaite

un soir du mois de mai

Accompagnée d’un Aigle et surprise à parler de  lumière

à rire au bord d’un verre ambré et nouvellement penché

‘Livia ouvre son oeil dans celui du pianiste

“Ses mains me dévorent même un Dieu” –  se dit-elle

comment m’en retourner et  le lui dire ?

la cruauté de l’amour la bouleversa  - la mémoire plantée là

“les amants ne sont-ils jamais seuls ?” dit la chanson

en terrasse d’un lac plutôt clément

Le silence livre au coeur ses rafales


Cigarette au bec – Cheveux défaits

Aimer sans m’agripper tel un singe

Est-ce possible ?

Emitoufflée contre le vent avec un air vaguement ennuyé

Je la regarde sortir du cimetière un étui à cigarettes à la main

Il neige sur Ockland

Et si la vie changeait de camp

- Nos mains  Nos hanches 

Gardent des songes tendus

Chercher  dans un tour de rein    - les libertés Inaugurales

Est-ce vain?

Mes pieds nus collent au linoléum

je marche  j’avance  et  tiens mon Centre

et  puis soudain-  je balance -

A l’âge de 11 ans j’embrassai David Bowie

Puis ce fût au tour de Romy Schneider

“Hello Spaceboy

I wanna be free !”

La neige fond sur Elle lentement

- la cigarette prend et tourne le cosmos

Au coeur  du dedans poussées par la divine aisance

Jouir de tout  mais comme un danseur libre

Puis effacez ces lignes avec un chiffon

Les mains posées sur les genoux

Depuis l’intérieur  - un bruit de moteur

Une abeille – la mer

Quelque soit ce son,  dessinez l’abeille

baignez-vous dans cette mer

rejoignez l’autre rive – en bateau

le pouls de la vie qui bat

à l’arrière une petite trappe ouverte vers le bas

N’ouvrez pas les yeux tout de suite mais écoutez soigneusement

La lune douce et paisible rayonne tranquille

Cessez de bourdonner

La séance est terminé

Dans le Ventre un papillon

Une aile noire au bout de chaque pied

Sous l’eau –  changer de forme

Plonger

Dans la forme inondée de musique

rejoindre le Grand Esprit

Prier

A mes flancs

Une âme blanche s’étire et fait des ricochets

Par quelle brèche un poisson lune ?

Par quelle gorge revoir Napoléon ?

Il existe une eau que je ne peux toucher

Il existe un ventre où rien ne brûle

Je ne vois pas Ses yeux

Je ne vois que la moitié de l’espace

un rideau blanc

un berceau blanc

- Par de simples jeux d’eaux

les bras chargés de nuages

Arquer enfin la nuque et ivre d’une seule couleur

- le coeur ferme

Remonter

Et le rocher tomba sur sa face

Côte à côte et en nombre”

Telle est notre vaillance – héritée

Veille femme après quatre jours de médecine

Mon corps est encore trop faible pour une Danse au Soleil

En sortie de hutte d’autres femmes me tiennent debout

- ça ne me serait jamais venu à l’idée

je pensai avoir tout le temps

De chanter les centaines de chants

De broder des perles à la pochette des hommes

Au dessus de la barrière - en levant les yeux ce matin

une bête  un oiseau – quelque chose à manger

Puis j’ai reconnu l’Aigle dans l’écume d’un nuage

Le coeur comme un cuir poinçonné

je m’en vais

Déesse d’un Peuple patient

Pour le village  je suis “Bison lent”

Née femme – dans une hutte à la pochette sacrée

A côté de moi un très vieux chien

J’ai amené l’Amour avec moi

Je vais vous le donner

- et le monde entier s’aimera

Et votre cheval m’aimera

La Force est en moi

La Vie c’est moi

Assises au bord d’un lit – d’une chambre qui n’est pas la nôtre

Par nos regards – fixées – jambes croisées

Depuis sa silhouette à l’angle brisé

Depuis mon envie de tous les tuer

Echappées du nombre – rescapées du nombre

- Je m’appelle Eve et toi?

- One

- Quelque chose ne va pas?

- J’hésite à téléphoner à mon médecin

- A une heure pareille?

- Les douches ne suffisent plus. J’ai encore besoin d’ouvrir les fenêtres!

Un coup d’oeil rapide à la porte – l’isolement est précaire “en soirée”

                       Le temps

à mes mains – sur le fouilli d’une table de nuit – de trouver les allumettes

- J’ai envie de rentrer – toi?

- J’aimerai nager…

Dans la baignoire un ban de canettes de bière échouées – prises au filet – là

- Il nous reste la route et la mer au matin… Tu viens!?

Dans un silence proche      un silence gémellaire

basculer depuis nos hanches vers le centre du lit  et rejoindre

cette animalité qui nous rend belles

              – je venais de mordre le trait et elle le savait

Depuis l’imprévisible -  L’à peine visible

Deux femmes se séparent enfin de la bête

      – Laissez-nous passer 

telle quelle

Parce que j’aime

Parce que je m’endors encore en vie

Je présume qu’une certaine énergie porte mon nom – mes vêtements

 Je cours après des soleils qui me rattrapent

Tout m’est spécial

la mort approchante n’est pas l’antithèse de l’art

!

Ma robe ma robe !

sans grâce se tordre et de douleur mordre

- voilà c’est là     c’est en train d’arriver

nos corps devenus diamants

un vent désordonné s’est mis à gonfler nos cheveux

- ils dansent – une pensée

- l’obscurité nous cherche elle ne nous trouvera pas – regarde moi !

- d’autres pensées

Et pourtant la pluie avait fini par s’arrêter

Et pourtant / les mains sur le volant avaient fini par lâcher

un terrible crissement de freins

Deux cris sans lèvres

un geste final

qui s’ouvre depuis un levier de vitesses en spirales – en torsades

 on tire au fusil dans la bagnole

toiture et vitres volent en éclats

Sur le visage d’Eve un ton clair

l’amplitude de la glissade qui ouvre les cadrans de nouvelles horloges

tantôt lentes – trop rapides

des images les images nos images

pas un seul souvenir dans le couloir de l’âme

des milliers des colliers

la vie rendue furieuse nous jette à la figure ses néons

devenues couleurs

rouges et pourpres

le corps comme une laine froissée dans d’autres plis

One avait baissé la tête

les doigts crispés puis refermés comme une griffure sur les yeux d’Eve

ce qui est inutile est toujours violent

par le voeu des douceurs tenter la caresse le dernier rapprochement

c’est le tintement des glaces – ce n’est rien ma chérie

au visage des calligraphies giclent sans la moindre grâce

a la queue leu leu laisser passer les images

la peur se vider

- témoin de l’indiscutable se voir naître bébé

Puis vient  l’arrêt des fluides – contre un muret – sur une herbe détrempée

à la lueur du saut de l’ange

enfoncer nos silhouettes dans la boue

“les certitudes changent de camp en somnolant en titubant”

de quelle côté la route?

de quel côté la lumière?

la peau d’Eve avait rougi

A nos hanches des cailloux des fourmis

deux lucioles dans une nuit sans nuit

rejoindre ensemble le fidèle oreiller

un petit point danse encore à l’arrière des paupières

une forêt un sentier escarpé

à nos mains pas une branche

un silence dans un autre silence

ce qui coûte la vie c’est l’absence des couleurs – dernière pensée

au dessus de nos fronts figés dans la sainte terre

un vieux chef indien

une danseuse espagnole

nos anges nos léviathans

généalogie sublime généalogie fragile

offertes et enfin libres

- en majesté se surprendre à sourire dans un soleil sans rayon ni chaleur 

   mourir maintenant ?

ululer d’un amour fou – crier muette

ma main au feu et sur un ventre colline

me balancer et puis rire ….

par le coeur     soulever  l’incroyable beauté

le cheveu à nos doigts mélés

imaginer l’incréé  - l’invisible escalier

Tu brûles et j’ai froid

Nues sous la totalité de nos vêtements

depuis la nuque jusqu’aux jambes

la totalité d’un amour

- jeté -

C’est bien dans la lumière

et à voix basse qu’il nous faudra encore aller plus loin

Ouvertes à tous les vents

et par des lèvres mordues -

une audace brûle le voile et dans le vague s’étourdir … hébétées

un aveu depuis les yeux

à me faire détourner le plus petit voeu

cavalier et fougueux

Les premiers effets d’une révélation ?

Une pluie chargée de grêlons !

depuis mon  corps jusqu’à plus d’âme

et sur un rebord de plage – allongée par le corps  et depuis l’âme essorée …

à gros bouillons s’écoule par mon dos la divine cascade

le plaisir je m’y attarde

l’extase me filerait presque les jetons !

la foudre est tombée

lettice & beate

Félicité et joie débordante

dans l’heureuse bulle -

avoue que pour une mère ça faisait beaucoup -

accroupie devant les tubes d’un radiateur en fonte

j’admets qu’une chaleur consanguine

me catapulte   – et ouvre

des vues imprenables sur des hangars d’usine

- à mes sens – exotiques

43 years later

et dans une pure abstraction

enfin redevenue d’un bleu stupide

avec un corps de plage

je te jure  qu’en ton absence

des yeux d’eden sont venus -

cachés derrière un lot de serviettes éponges

et au corps du grand bleu – telle fût en solitaire ma remontée des eaux claires

Avec des caudales de ouf et comme tu aimais à rire :

- plouf  !

122012-121969

tête à l’envers

et  joyeusement renversée – par vos fantasmes de juillet -   née

Sourire dans un soleil jeté à même la glace

le coeur ouvert avant d’aimer

Béance et coeur gros

Imagine l’inoui

L’invisible esprit

Une pluie de rires

Sur un granit fondu

Clersemé d’été et de folles bruyères

Imagine l’inoui

Une giboulée de parchemins

Le rire de l’univers

Le mercure dans une main

Sortis de la brume – la femme originale – son diamant

“tu viens ?”

A l’épreuve de l’amour et du déjà-dit

Devenir enfin qui nous sommes

– infinies

Imagine l’inoui

l’invisible esprit

Un ciel où les oiseaux

écoutent l’homme chanter

l’amour menace et je sais si peu de chose

dans mon rêve – peu d’enfants que des chiens

un jardin une terre

- nos mains plongées dedans

le quotidien et sa caravane à l’arrêt

tu sors de la salle de bain

l’aurore au carré s’empare de notre lit

le corps tendu haletant

sur ton plaisir bouche bée

j’ai fini par grimper

un désir – je vole

En alternance une peur – je dégringole

une fleur – un bourdon

les rayons d’un soleil de brute

- à pic –  une hache dans le tronc de l’arbre

nos joies thoraciques En alternance

Que voulez-vous

nos pertes mathématiques

En alternance Que voulez-vous

La neige tombe lentement

indomptable

Sophie a besoin de lumière

de massage et de virilité sur son ventre tendre et borné

Je vous salue notre père

Prière d’hier

l’enfance achevée entre les jambes d’un géant

l’enfance – foutue par terre

où est mon passé – où est mon désir

non pas celui de l’autre – non ça c’est facile

 

Sophie porte un kimono et un chagrin bien coupés

avec aisance et tension un chandail rouge offert par son troisième mari

au petit matin des lunettes de mouche à la base du nez

dedans – dehors Sophie fait le guet

dans sa chambre

trop de solitude et d’obscurité

des livres qu’elle tient le soir dans une main

- Un corps sans ses cris

- Un enfer de dignité

« Pour le printemps, je pense m’acheter un canot à moteur  »

plus femme que nous l’étions ?

Vos regards

ouvrent en nous une incroyable jungle

- nos corps invoquent à vos hanches une levée de légion

un baiser    des cris –  je reste    nous resterons -

la putain sans le moindre juron

pour le paradis nous ouvrirons ventres et veines

à vos chairs délicates nos mains creusent un plaisir sans nom

tête en bascule

sur le mur de vos chambres les peurs s’éloignent

et d’énigmes en fouillis de langues

sur la table de nuit – l’eau dans un verre déborde et rejoint le lit

- de tous les fleuves de lait et de sang  – de tous les plaisirs rouge sang

l’ âme des femmes se défilent dans le vent des poussières

et des désirs à cran

- il ne sert à rien de t’agripper mon chéri

la grâce chevauchent des vagues isolées

sueurs nocturnes

Une étoile énorme me promet un lion dans un livre

Une forêt dans la rue

Un ciel d’azur illuminé par un citron

Voulons-nous la lumière ?

Sur nos corps de déeeses parfois déchues

De belles voix depuis nos sexes devenus Cathédrales

Voulons-nous le pardon ?

Le bien-être de nos enfants dans leur sommeil

Je rêve dans un rêve

Et mon coeur monte rejoindre l’invisible esprit

Car enfin je Te vois

Je rêve dans Ton rêve

Et mon coeur peut rejoindre l’éternelle nuit

Voulons-nous le plaisir ?

De belles jambes décroisées sous la table – un dimanche

Le soir

Timidement rejointes au bord du lit

Voulons-nous la vertu ?

L’eau pure dans la bouche des brebis

Innocemment devenues hémophiles sous la lame du couteau

et les milliers de cris -

Irons-nous jusqu’à oublier

Le vol de la colombe

Les reflets

L’éclaboussure du Jourdain

Je n’ai plus chaud que dans les poèmes de Baudelaire

Une femme sanglote à l’angle de ma rue

Combien de temps encore

a chercher

une chapelle

plantée là

Comme une apparition

une sainte furieuse tombée d’un escabeau

un demi-Dieu à terre ronflant dans l’herbe grasse

j’ai regardé la mort de ma mère en face Et elle m’a dit Tire-toi

le jardin célébre une pluie d’épiphanie

la maison toute frêle

tombe ses rideaux comme une pierre

Quand un ange passe ça fait tout un fatra

Sur mon ventre finit cette autre nuit – l’éternelle

je ne m’attendais pas aux extases durables

une bouche ouvrant ma bouche comme une plaie

des mains refermant mes portes moyenâgeuses

au pont-levi comme une audace exhaussée

la guérison n’a pas de calendrier

le chien sort de sa niche en marche arrière

la tortue ne veut plus quitter la rangée de salades

Quand deux anges passent ça fait tout un fatra

le soir peut envahir la pelouse

sur la peau du vieux chêne –  j’ai vu un visage – un visage m’a vu

l’ombre de la résurrection gronde enfin

j’ai vu un visage    et je n’ai plus assez de mots pour lui donner un nom

depuis la base du ventre – lancées

- Vous venez d’où?

- Qui peut dire ? Notre constellation bouge tout le temps !

- Je vous offre un verre ?

- Non

-  la tête à ça – tu danses Eve ? Oui One

les consommations intactes sur le comptoir

Les hanches mirées d’un peu trop  près

- Claquer la porte du bar et dans un taxi décoller

La source de toutes les endurances de tous les courages

Une seule intention tenue au corps et à l’âme

Traverser la matière

Un seul voeu persistant   épouser la Cosmogonie chérie

D’une transe à l’autre

d’un souffle porté haut

- ancré si bas

dans la clarté d’un son Om Ram Vam

je monte au dessus du temps et du vide et poursuis mon chemin

J’ai acquis la lumière à la courbe d’une ombre qui encercle tout

- je connais ce chemin

le désir du partage – l’élan – le voeu sacré

Namasté

22 barbes street

Le Refuge - Les Oiseaux

En virée – du côté nord de la Ville

Une autre femme lisse ses plumes pour éviter de tomber

lente – à peine humaine-

quand une femme sort

l’évènement s’accompagne

la platitude des idées reçues – Qui  n’y a jamais cru ?

Par une nuit polaire de novembre

Retrouver sur des visages en fête

comme une étole négligemment posée -

Le mystère et ses papillons de nuit

En héroïne des périphéries

Sitôt recueillie dans l’appartement

Faire le choix de la cuisine -

Lieu où viennent boire les chats

où les bouches timides s’interdisent la moindre flèche

- ni comme une femme en quête

ni comme une femme isolée

je ressens un manque pourtant

une ouverture de biais -

qui mange qui ce soir?

Que faisait mon corps avant cette plongée dans le nombre dansant

Que faisait mes jambes avant de se croiser par pure fixité

- je vois un enfant – des enfants

des étoiles tombantes - filantes

une obscurité de circonstance nous sépare

Sans horloge – des corps s’allongent et en spirale s’individualisent

limpides et claires

de belles silhouettes aiguës traversent mes champs – ma prairie

A leurs poignets noués-  lumières lentes et flashes colorés

A leur coeur d’abreuvoir

une attente un abîme une audace comblée

peu de griffes – peu de regards

Que des flancs – étirés à en perdre toute innocence

Des jambes    des dos – offerts à tous

l’amour saura-t-il se loger là

- par le vide d’une seule nuit ?

tant d’ombres à dessiner – de lumières à croquer

“C’est quelque chose d’assister à autant de sorties de puits !” ai-je pensé

Sur un mur blanc

un joie sans yeux

une espérance partagée

des doigts tortillés sur

une abondance de verres et d’outre-pensées

dans les chambres de l’appartement saturé

les draps se languissent

les chats deviennent des tigres

mmmh rrrraah  en finir pour de vrai

Et d’amour et de tendresse ne plus jamais rentrer seul

Redécouvrir l’amour qui accompagne et fait claquer le sabot des chevaux

 Minuit au milieu du cosmos

je peux presque comprendre ce qui leur est arrivé

a tous – a ceux qui ne sont pas venu – à ceux qui reviendront

à mon amie si chère

Je n’y ai vu que des lueurs ce soir-là

un instant devenue nuage j’ai préféré m’éclipser

“il est des absences de voix qui encore me sidère”

Que faisait le visage de cette femme dans mon champ de vision  d’illusion

Que faisait le corps de cette femme bondissant sur un ballon vert – jaune peut-être le ballon

Du côté de la chambre du fond

une beauté de pierre me lance une brume informe en plein visage

elle porte le prénom de la première femme aimée – désirée – enchantée

Tremblante comme une feuille

verte et rouge

A ma bouche

d’imprononçables voyelles

- une falaise de craie

sous mes pieds

un vertige

une scène à quitter – sur le champ

les feux se débusquent par l’audace et l’incandescence de ce qui nous traverse

l’éternité en brèche  – ouverte – offerte

- j’ai préféré rentrer

Par ce jour d’après

Ils sont – je reste – le coeur serré

Le corps nu – sans enfant – chassées du paradis ?

Il n’est pas de limites aux vagissements

d’une paire de lèvres à nos jambes

la créativité porte en elle un mystère biologique -  par mes sucres à ta bouche – chimique

une oraison

en première ligne – un loup  un masque – Oserons- nous jusqu’à la mythologie?

Fermée telle une forteresse

J’engage une ombre-lumière     vers toi      qui du salé au sucré organise son éternité

c’est écrit sur ma bouche

” l’émotion m’est unique – à jamais renouvelée”

Scandaleusement accessible et d’une élégance liquide

Avec c’est évident  un certain pouvoir        retrouver Eve        sommée – puis de plaisirs soulevée

- une légèreté cosmogonique      à mes sens        se déploie   les jours de juillet

En haute mer  – dans  une éternité sans nom ni contour – pleurer et séduire

Sans autre but qu’exister – fera taire le bruit de notre animalité

Rendre à nos muscles force et courage en pareil abandon et de la bouche à la bouche – érotiquement menacées

dans la cavité qui engloutit la jouissance – s’éterniser

Rouge pâle – le soleil n’en fini pas de tourner

ma bouche de remercier

un baiser proche de la morsure

un don perdu dans le sens des réalités

Ma langue caresse les chairs et les aliments

le coeur lâche   –    aimer jouir sans créer


“Haut dans les airs”

Dans la chambre un  certain paysage

-Tu dors?

-

One regarde avec amour l’alignement des livres sur les étagères

Sous la couverture son ventre tendu  réclame une sueur – une fraîcheur de cathédrale – un frisson

Son homme la prend pour une autre

- des mains délicates pourtant qui s’arrêtent à la peau

Par les images – les yeux mi-clos

trouver un pont par lequel traverser

Quitter enfin le radeau des méduses

Les chevilles dans le bas-côté 

Par le haut – trouver enfin la bonne porte

Le trouble

Tu dis le mot et je viens

J’ajuste mes reins

Tu disloques ma faim

Je bondis sur toi

Ca déborde en moi

«  Recommence »

Le baiser

Ta tête a roulé

Sur mon oreiller

Mes lèvres ont frémi

J’ai rentré ma langue

Pour ne pas te dire

Ce que veulent te dire

Ma faille – son secret

Mon corps  à semer

L’amour est un geste aléatoire

« Embrasse-moi »

Un mouvement perpétuel

One va vite pour échapper à la glu

Eve se dégage  Se déhanche

Précaires et sans appuis

Jetées brusquement

Comme livrées au hasard

De cette division intérieure intolérable

De cette autre planète

Revenir  sans cesse

Elles ont choisi la vie

Car rien ne presse

Un bonheur horripilant

Resplendissantes d’ennui

Nues   dépouillées

Excessivement belles

 

Résister à la tentation

D’être malheureuses

/

La tête hors du lit

Cramoisie

Tu te loges en moi

Le bonheur  et  son appendice

La tristesse et son vice

Mes doigts dans ta bouche

- Ca dépend des fois -

 

Seule avec une force

Avant je vivais là

Invisible

Eparpillée parmi les choses

Aventurière de l’immobilité

Ce soir

Je saisis l’instant

Je suis saisie par l’instant

Avant qu’il ne s’évanouisse

Et j’avance !

Déployée  dilatée

Embrassant toutes choses - Je ne possède rien – Tout me vient

Mon corps se déroule s’épuise

Vide d’images et de sens

Corps médité   enraciné

Ombré sur le mur de la chambre

j’envie l’enfant qui dessine un soleil

Je crois à un impalpable fort

Aux forces primitives activées avec la force d’un boomerang

Aux petits choses et aux petits rien

“Y être” est mon aisance – ma traversée

Sous mes pieds une terre solide une terre finale

Une sincérité captée comme un éclair de lucidité

Absolument impitoyable – absolument adorable

Le Divin et ses lumières lentes

C’est un plaisir de disparaître dans Ses yeux

Un privilège d’y revenir après avoir vu Quelque chose

Je rode

j’effleure l’incontournable

j’entre dans Sa présence

Des deux bras – des deux jambes

de cette opacité claire je fais un jardin

Une aire où manque l’air

mais au coeur de laquelle je vais jouer

Tourner vriller

Je finirais par tomber – c’est sûr

Mais en spirale je reviendrai

Verticale

Aimable

Femme

Je voudrais par ma danse

te dessiner ce champ

où ton image me pénètre

où ta vérité est une jour entrée dans la mienne

Le vois-tu

Le sens-tu

ce geste qui te cherche

ma main et sa caresse

Mon corps est un souvenir

Le monde est plat – sans Toi

Imaginez un geste vide

Un geste où se formerait le désir

Je m’anime et je ne romps rien

Du silence  des formes  des couleurs   rien

Je tombe  je bondis  je roule

Je ne suis recueillie nulle part

Je me rassemble

Je m’évanouie

Pour échapper à la fixation de vos regards

Je sors de moi

C’est   -

C’est un plaisir de disparaître dans Ses yeux

Un privilège d’y revenir après avoir vu Quelque chose

Imaginez un geste rare

Un geste où finirait la tristesse et son délire

Sois lyrique              disais-tu

Plus libre    encore

Une caresse est toujours dangereuse

Vitalité fragile de nos corps d’enfant

Grands pourtant

Visités   habités   chéris     quelques fois

Meurtris      ça dépend des fois

La danse ou la folie

L’ombre et ses ourlets de lumière

Le mouvement    le rassemblement

L’élément

Corps                         faire corps

Je plante le décor

Sors de l’immobilité

De la facilité

De cette propension à ne jamais rien faire

Et malgré tout refaire

Ce qui nous relie nous unis

C’était ça – ou la folie

Choisit-on d’être fou

C’est une sage décision parfois

Le courage de rester parmi les fous involontaires

La vie ne les a pas encore quittés

C’est vers eux que je suis revenue

Que je me suis émue

Et finalement j’ai dit

Ok je reste !

Aspérités

Lèvres gercées – calendulées

Toutes crues toutes nues

A l’affût     du doux baiser

De la chaude pression

La chaleur    la pâleur

Les rougeurs glissant sur les joues

Jusqu’au cou

En rêve

Je garde ton bras comme une serviette éponge

Autour du cou

Et je le fais glisser   parfois     jusqu’à la ceinture

Depuis mes nuits

Une réserve céleste – une extase dissimulée de peur que le fantasme n’ouvre enfin les yeux

De Toi et moi – sans lit ni toit -

Un pourquoi pas – de jolis parasols

- une présence Variée – une Assemblée

Je ne fais rien de bien tangent

je tente une présence qui ne souffre d’aucun tabou excepté l’agression

“Y être” est mon aisance – ma traversée

Vous prendre encore le bras

mordre et sucer lèvres et doigts

aller nulle part et rejoindre l’animalité qui me rend belle

Pourquoi pas le Cèdre ventriloque

Pourquoi pas le Granit -  mourir d’une saignée?

Les roches ont-elles une fin? Le corps vain

il existe un paysage à l’écart de la route

une force – timide à embrasser

un manque – une volupté

Je veux la concentration

Je veux la poésie

Précaire  délicate

Je veux la main fuselée  douce et flexible

Sur moi

Respire !

De la contraction à l’expansion

Mon ventre trouve le rythme

L’œil reste clair

Aussi transparent  qu’une lame de laboratoire

Parcours géométrique

De mes bras  de mes jambes

Cherchant l’axe  l’élévation

En Sépharade  en tourbillon

Reproduisant à  l’infini un jet d’encre

La nature est féconde    inexorablement

La nature m’est féconde

Rien n’est plus consolant

Mes yeux cherchent quelqu’un     quelque chose

Le cœur aussi bosselé qu’une plage de galet

Je renverse les images

Lorsque je te regarde

Je te touche

Lorsque je fais ce geste

Je t’atteins

Je te saisis

Je suis saisie

Ouverture – fermeture

La blessure – les rayures

Tout peut arriver   sans cesse

En boomerang les plaisirs reviennent

Mon ventre-paravent

Mes seins comme des collines

Donnant sur des Oh ! Des Ah !

Ton corps est plat

D’un geste d’élégance  ou d’originalité

Je le fissure

Crée le relief

Et je t’enveloppe

De mes deux bras

Vous entendez la déchirure

Dis tu entends la déchirure

S’épanouir dans un vase

Une vaste prairie

Abondance manque et soulagement

Les contours

La distorsion

Réapprendre à marcher

S’élever      tourner     se retourner

L’infinitif me court après et après !?

Imaginez une lumiere pure

Patte en l’air

Une clarté au contour

de laquelle retrouver l’aisance d’un volatile

Imaginez une lumière lente – de toute éternité

Un invisible esprit sorti tout droit de la maison

Le voilà qui s’avance et marche jusqu’aux fleurs

Les chevilles dans le bas-côté

les yeux à l’envers

Et Par le haut – retrouver enfin la bonne porte

On m’avait dit tu trouveras le chemin

A force de transpirer j’ai fini par ne plus rien faire

Sans ambition ni repos – je laisse venir

La fatigue et son reste

Enfin devenue simple et solide

éviter de planer – avancer

sans ambition et pourtant sans repos

je danse et mon bras se déplie au delà de l’enveloppe

j’expire et me dissou

j’inhale et voici qu’une lampe s’allume

je ne cherche même plus la paix je fais de mon mieux

depuis mes deux pieds bien plantés – je demande à voir – à aimer

Il y a tant de possibilités

de tous ces êtres côtoyés prendre le bras

mordre et sucer lèvres et doigts

exister au rebours d’un calendrier

Inexorablement et pourtant -

“Y être”

Sous l’éclaircie et la déviation des nuages

Mes joies sont impitoyablement simples – impitoyables

Je vénère mes tongues

elles sont ma maison

Ah tiens vous êtes là !?

Moi aussi j’étais là

A votre place il n’y a pas si longtemps

Derrière moi

Vous le croyez ?

La vie dans les plis  les replis

Le manque

Le vide

La permanence

Trouver sa propre permanence

Oh bien sûr il y eu des hésitations

Des affolements

Je me tais ou je réponds

Je caresse ou je flanque une gifle

Le belvédère et son panorama

Le vertige et sa chute

Je t’invite       tu m’invites

Tu me touches      je t’évite

Je bascule     tu reviens    tu me tiens

A toi non plus je n’ai pas échappé

C’était dire oui – ou la fessée

Hébétude intérieure

Du cœur

Une enveloppe    une lettre

Un sac de cellophane   je t’assure je n’ai pas fait exprès !

Un filet remplie d’oranges   une étoffe    une étole

Et soudain le désir de m’éjecter de la bagnole

Je saute en marche

Je te quitte      tout va très vite

Se précipite

Je te quitte

Une jambe dehors

Ma jupe qui se soulève

Bientôt le premier talon planté

Je m’échappe    je t’échappe

Ventre vide     rêves vides

Rougeur sur le front

Le passé comme une égratignure

La fêlure    l’impasse

C’était rassurant soudain d’avoir si peu d’importance

J’étais devenue l’eau au-dessus de laquelle tu te penches

Je saute en l’air car souvent je tergiverse

Retrouver l’innocence de la toute première phrase

Du premier regard

Offert     projeté

Vous avez-vu ce muscle ?

Sa rigole    le strié de sa force

Un seul ordre et c’est le sang qui gonfle

Le sourire comme un cosmétique

J’ouvre la bouche

Souffle au devant

Retient le râle

Qui de la base de mon sexe

Au sommet de mon crâne

Râle !

Le mouvement au détriment de la forme

Putain t’as la classe !

Je choisis l’absence

Renonce à l’hérésie

Ma vérité est folle

Je vole

Un soupir  une absorption

Je danse pour me déverser tel un fluide

De quoi j’ai l’air

De quoi j’ai terre

De quoi j’ai feu

Pourquoi la mer et ses rivières

Me lèchent ainsi les flancs

Telles des langues nerveuses    volontaires

Un corps ça a ses limites

Ses silences aussi

Refuser de tendre la main

Vous connaissez

Un regard qui sonde

J’entrevoyais la réalité avant de la faire exister

Ce fût comme un effort

Un réflexe coulissant autour de ma gorge

La peau mouchetée de questions sans réponse

Un soleil sans géranium

Ma vérité est folle

Je vole

Ne me laissez pas sortir de mon délire

La mémoire     les miroirs

Rien que la tendresse

Mêlons nos formes

J’ai l’indolence qu’il te faut

Et toi tu me gardes de la mélancolie

Retiens mon souffle

Parce que je t’aime

Parce que je m’endors encore en vie

Je présume qu’une certaine énergie porte mon nom – mes vêtements

Je ne traîne plus  que dans la réalité

certaines âmes mordent dans ma chair

je laisse faire

une énorme plaisanterie me fait tenir le coup

- je n’ai aucun but

Du temps

ne plus en surveiller l’écoulement

De l’été

flâner en plein air une attitude délicate et besogneuse

Une extraction de charbon

une levée de couronne

Témoin d’une grâce, en majesté

La plupart des êtres que j’aime ont perdu leur force

Prier est mon tracas suprême

Au nom du ciel et de la terre je fais l’amour à tire d’elles et me caresse encore moi-même

La peur je la jette au feu !

Etendue le corps nue

sur la neige en pleine nuit

la vérité est toujours convaincante – pas vrai !?

Immaculée, affinée, dénuée de technique

une voie étroite creuse mes oreillers

Et je dis – la jouvence est une rivière

Et je vous dis la jouissance est un foyer

Elles s’écoulent depuis des coeurs à se marrer – en trompette! – jusqu’au bout du bout – des amours impatientes – lentes- tonitruantes

la vie s’étire

et obtient son ciel, son voeu de pureté

La Clarté

Membres élagués tissant au hasard

La voix craquée de parasites

Comme une vieille radio

Je m’y perds

Ta  sincérité captée comme un éclair de lucidité

Absolument impitoyable

Je rode

J’effleure

L’incontournable

Le tracé  le sillon

La griffure

De la main qui ne saisit rien

La mémoire et sa faim

Ses hanches où rien ne vient

Mes yeux sont fous

Ma vérité est folle

Je vole

Petite

L’espace autour de moi se raréfiait

Et pourtant

Je ne pouvais m’arrêter de vouloir le remplir

J’en voulais plus

Je voulais sortir du cadre

Quitter la photo de famille

M’évanouir  évaporée

J’ai suivi les ellipses  les rails

Je me suis perdue aux tangentielles d’un rectangle

Ai Trouvé refuge dans un cercle

Parcourant ce qu’il me restait d’enfance

Le corps en torsade

Mon enveloppe est un décor

Une ombre portée

Un temps scellé

De ma fatigue amoureuse je fais une paresse

Les jours de chance

Tu la prends encore pour

- De l’élégance

Il existe un fil entre mon œil et ma main

Ce fil guide mon désir

Cou ma  vision

Me dira si j’ai tort ou raison

Une posture  une anomalie

Une maladresse   un geste dandy

A la gauche du corps j’ai mis l’attente

A ma droite le souvenir de toi

Je suis écartelée

Rassemble-moi

Je hachure je panache je stéréotype

De quoi j’ai l’air ?

How do I look ?

Je deviens un crayon de couleurs

Souvent la maladresse s’obstine

Le bras tendu devient un coup

Le paysage dans lequel je m’endors

Est d’une luminosité inclassable

Mon sommeil est une disparition

Je m’évanouis     je feins

En rêve  je vole

Mais le vent n’en sait rien

J’ondule pour rester vivante

La grâce n’est finalement qu’un interstice

La beauté s’invite chez ma douleur

Ou quelque chose comme ça

Mes pieds s’affolent   je rejoins le rythme

Monte en marche

Ne rien dire

Fermer les yeux

« Laisse-faire maintenant »

C’est la peur qui interloque

C’est la peur qui immobilise

Imaginez le bon degré d’ouverture

Dans une goutte de sueur je me dissous

Dans ta bouche je me répands

Fluidité incessante de ce qui nous tient en vie

Fluidité incessante de ce qui tient la vie

Frôlant l’extase ou l’explosion

Ouverture   fermeture

Expansion  contraction

On tombe   on se relève

La mort  puis c’est déjà la vie

Une vague qui ne retomberait pas

Ça n’existe pas

Ce que je sens n’est pas représentable

Ce que tu sens n’est pas représentable

Taisons-nous  tais-toi

Ne bouge pas

Au degré zéro de l’instant  je te quitte

Je pleure tes yeux  comme à l’opéra

Je prends la forme

Mais de nouveau ça éclate

Et il me faut remplir

De l’attente  de l’angoisse  du souvenir

Je fais des jeux de mains

Violents  gracieux  paresseux  offerts à tous

Seule avec une force

Comme une note sans mélodie

En variation  en série

J’ai le désordre des vols de moustiques

Il me fallait quitter le corps des autres

Trouver mon identité  personnelle  corporelle  sexuelle

Le corps dans toutes les postures

Claudication déconcertante

Délicatesse d’un pas de danse

Dilatation

Déambulation

Le corps existe

Mon corps existe !

Etre m’est léger mais cruel

Paraître me protège

J’apprends à me dénuder dès lors que je porte un masque

Réservoir d’intensité

Reflets d’ambiguïté

Non     pas ce geste là

Ce geste là vient du dehors   pas du dedans

Ma réalité est une image décollée

Pliée   agrafée   mise en couleur

A la bombe   au pistolet

Mon chagrin est une pluie localisée

Une nappe de brouillard

A l’avant   et   à  l’arrière de la voiture

Je scrute la vérité des corps

Celle des oiseaux

Je cherche    je cherche  où réside la joie

Votre joie

Et je descends

Au-dessous des mots et des formes

Je descends

Sourde

Souffrant d’un mal caduc

L’attachement

L’arrachement

J’ai revêtu la forme humaine

Mais au fond je le sais bien

Je suis un puma qui traverse ton rêve

De tes impolitesses

De tes caresses

Une écuelle d’eau salée  je me suis faite

Puis j’ai tiré les rideaux   comme Electre

Habité l’immobilité

Renoncé à la dispersion

J’aime la beauté des formes

Même nues

Même nues

Je rêvais d’une présence sans lacune

A en devenir folle     théâtrale

Ma foi est la concentration

Je suis venue à bout de mes sueurs nocturnes

Ai Rééduqué mon souffle

Dissimulé mes larmes

Mon déhanchement est une contrefaçon

Je reste une affamée

J’en oublie parfois même de manger

La lumière pure est imprévisible  Toujours

Elle arrive tout Bonnement

Du dépouillement jaillit une force

Je me lève   je vais à la fenêtre

Et j’imagine le geste simple

Hâtif   mal formé   inconséquent

Ce geste indique pourtant que tout à changer

En moi une autre femme se lève

- Livrée aux courants d’air

Un Blog WordPress.com.
Thème : Esquire par Matthew Buchanan.