Avant je vivais là
Invisible
Eparpillée parmi les choses
Aventurière de l’immobilité
Ce soir
Je saisis l’instant
Je suis saisie par l’instant
Avant qu’il ne s’évanouisse
Et j’avance !
Déployée dilatée
Embrassant toutes choses - Je ne possède rien – Tout me vient
Mon corps se déroule s’épuise
Vide d’images et de sens
Corps médité enraciné
Ombré sur le mur de la chambre
j’envie l’enfant qui dessine un soleil
Je crois à un impalpable fort
Aux forces primitives activées avec la force d’un boomerang
Aux petits choses et aux petits rien
“Y être” est mon aisance – ma traversée
Sous mes pieds une terre solide une terre finale
Une sincérité captée comme un éclair de lucidité
Absolument impitoyable – absolument adorable
Le Divin et ses lumières lentes
C’est un plaisir de disparaître dans Ses yeux
Un privilège d’y revenir après avoir vu Quelque chose
Je rode
j’effleure l’incontournable
j’entre dans Sa présence
Des deux bras – des deux jambes
de cette opacité claire je fais un jardin
Une aire où manque l’air
mais au coeur de laquelle je vais jouer
Tourner vriller
Je finirais par tomber – c’est sûr
Mais en spirale je reviendrai
Verticale
Aimable
Femme
Je voudrais par ma danse
te dessiner ce champ
où ton image me pénètre
où ta vérité est une jour entrée dans la mienne
Le vois-tu
Le sens-tu
ce geste qui te cherche
ma main et sa caresse
Mon corps est un souvenir
Le monde est plat – sans Toi
Imaginez un geste vide
Un geste où se formerait le désir
Je m’anime et je ne romps rien
Du silence des formes des couleurs rien
Je tombe je bondis je roule
Je ne suis recueillie nulle part
Je me rassemble
Je m’évanouie
Pour échapper à la fixation de vos regards
Je sors de moi
C’est -
C’est un plaisir de disparaître dans Ses yeux
Un privilège d’y revenir après avoir vu Quelque chose
Imaginez un geste rare
Un geste où finirait la tristesse et son délire
Sois lyrique disais-tu
Plus libre encore
Une caresse est toujours dangereuse
Vitalité fragile de nos corps d’enfant
Grands pourtant
Visités habités chéris quelques fois
Meurtris ça dépend des fois
La danse ou la folie
L’ombre et ses ourlets de lumière
Le mouvement le rassemblement
L’élément
Corps faire corps
Je plante le décor
Sors de l’immobilité
De la facilité
De cette propension à ne jamais rien faire
Et malgré tout refaire
Ce qui nous relie nous unis
C’était ça – ou la folie
Choisit-on d’être fou
C’est une sage décision parfois
Le courage de rester parmi les fous involontaires
La vie ne les a pas encore quittés
C’est vers eux que je suis revenue
Que je me suis émue
Et finalement j’ai dit
Ok je reste !
Aspérités
Lèvres gercées – calendulées
Toutes crues toutes nues
A l’affût du doux baiser
De la chaude pression
La chaleur la pâleur
Les rougeurs glissant sur les joues
Jusqu’au cou
En rêve
Je garde ton bras comme une serviette éponge
Autour du cou
Et je le fais glisser parfois jusqu’à la ceinture
Depuis mes nuits
Une réserve céleste – une extase dissimulée de peur que le fantasme n’ouvre enfin les yeux
De Toi et moi – sans lit ni toit -
Un pourquoi pas – de jolis parasols
- une présence Variée – une Assemblée
Je ne fais rien de bien tangent
je tente une présence qui ne souffre d’aucun tabou excepté l’agression
“Y être” est mon aisance – ma traversée
Vous prendre encore le bras
mordre et sucer lèvres et doigts
aller nulle part et rejoindre l’animalité qui me rend belle
Pourquoi pas le Cèdre ventriloque
Pourquoi pas le Granit - mourir d’une saignée?
Les roches ont-elles une fin? Le corps vain
il existe un paysage à l’écart de la route
une force – timide à embrasser
un manque – une volupté
Je veux la concentration
Je veux la poésie
Précaire délicate
Je veux la main fuselée douce et flexible
Sur moi
Respire !
De la contraction à l’expansion
Mon ventre trouve le rythme
L’œil reste clair
Aussi transparent qu’une lame de laboratoire
Parcours géométrique
De mes bras de mes jambes
Cherchant l’axe l’élévation
En Sépharade en tourbillon
Reproduisant à l’infini un jet d’encre
La nature est féconde inexorablement
La nature m’est féconde
Rien n’est plus consolant
Mes yeux cherchent quelqu’un quelque chose
Le cœur aussi bosselé qu’une plage de galet
Je renverse les images
Lorsque je te regarde
Je te touche
Lorsque je fais ce geste
Je t’atteins
Je te saisis
Je suis saisie
Ouverture – fermeture
La blessure – les rayures
Tout peut arriver sans cesse
En boomerang les plaisirs reviennent
Mon ventre-paravent
Mes seins comme des collines
Donnant sur des Oh ! Des Ah !
Ton corps est plat
D’un geste d’élégance ou d’originalité
Je le fissure
Crée le relief
Et je t’enveloppe
De mes deux bras
Vous entendez la déchirure
Dis tu entends la déchirure
S’épanouir dans un vase
Une vaste prairie
Abondance manque et soulagement
Les contours
La distorsion
Réapprendre à marcher
S’élever tourner se retourner
L’infinitif me court après et après !?
Imaginez une lumiere pure
Patte en l’air
Une clarté au contour
de laquelle retrouver l’aisance d’un volatile
Imaginez une lumière lente – de toute éternité
Un invisible esprit sorti tout droit de la maison
Le voilà qui s’avance et marche jusqu’aux fleurs
Les chevilles dans le bas-côté
les yeux à l’envers
Et Par le haut – retrouver enfin la bonne porte
On m’avait dit tu trouveras le chemin
A force de transpirer j’ai fini par ne plus rien faire
Sans ambition ni repos – je laisse venir
La fatigue et son reste
Enfin devenue simple et solide
éviter de planer – avancer
sans ambition et pourtant sans repos
je danse et mon bras se déplie au delà de l’enveloppe
j’expire et me dissou
j’inhale et voici qu’une lampe s’allume
je ne cherche même plus la paix je fais de mon mieux
depuis mes deux pieds bien plantés – je demande à voir – à aimer
Il y a tant de possibilités
de tous ces êtres côtoyés prendre le bras
mordre et sucer lèvres et doigts
exister au rebours d’un calendrier
Inexorablement et pourtant -
“Y être”
Sous l’éclaircie et la déviation des nuages
Mes joies sont impitoyablement simples – impitoyables
Je vénère mes tongues
elles sont ma maison
Ah tiens vous êtes là !?
Moi aussi j’étais là
A votre place il n’y a pas si longtemps
Derrière moi
Vous le croyez ?
La vie dans les plis les replis
Le manque
Le vide
La permanence
Trouver sa propre permanence
Oh bien sûr il y eu des hésitations
Des affolements
Je me tais ou je réponds
Je caresse ou je flanque une gifle
Le belvédère et son panorama
Le vertige et sa chute
Je t’invite tu m’invites
Tu me touches je t’évite
Je bascule tu reviens tu me tiens
A toi non plus je n’ai pas échappé
C’était dire oui – ou la fessée
Hébétude intérieure
Du cœur
Une enveloppe une lettre
Un sac de cellophane je t’assure je n’ai pas fait exprès !
Un filet remplie d’oranges une étoffe une étole
Et soudain le désir de m’éjecter de la bagnole
Je saute en marche
Je te quitte tout va très vite
Se précipite
Je te quitte
Une jambe dehors
Ma jupe qui se soulève
Bientôt le premier talon planté
Je m’échappe je t’échappe
Ventre vide rêves vides
Rougeur sur le front
Le passé comme une égratignure
La fêlure l’impasse
C’était rassurant soudain d’avoir si peu d’importance
J’étais devenue l’eau au-dessus de laquelle tu te penches
Je saute en l’air car souvent je tergiverse
Retrouver l’innocence de la toute première phrase
Du premier regard
Offert projeté
Vous avez-vu ce muscle ?
Sa rigole le strié de sa force
Un seul ordre et c’est le sang qui gonfle
Le sourire comme un cosmétique
J’ouvre la bouche
Souffle au devant
Retient le râle
Qui de la base de mon sexe
Au sommet de mon crâne
Râle !
Le mouvement au détriment de la forme
Putain t’as la classe !
Je choisis l’absence
Renonce à l’hérésie
Ma vérité est folle
Je vole
Un soupir une absorption
Je danse pour me déverser tel un fluide
De quoi j’ai l’air
De quoi j’ai terre
De quoi j’ai feu
Pourquoi la mer et ses rivières
Me lèchent ainsi les flancs
Telles des langues nerveuses volontaires
Un corps ça a ses limites
Ses silences aussi
Refuser de tendre la main
Vous connaissez
Un regard qui sonde
J’entrevoyais la réalité avant de la faire exister
Ce fût comme un effort
Un réflexe coulissant autour de ma gorge
La peau mouchetée de questions sans réponse
Un soleil sans géranium
Ma vérité est folle
Je vole
Ne me laissez pas sortir de mon délire
La mémoire les miroirs
Rien que la tendresse
Mêlons nos formes
J’ai l’indolence qu’il te faut
Et toi tu me gardes de la mélancolie
Retiens mon souffle
Parce que je t’aime
Parce que je m’endors encore en vie
Je présume qu’une certaine énergie porte mon nom – mes vêtements
Je ne traîne plus que dans la réalité
certaines âmes mordent dans ma chair
je laisse faire
une énorme plaisanterie me fait tenir le coup
- je n’ai aucun but
Du temps
ne plus en surveiller l’écoulement
De l’été
flâner en plein air une attitude délicate et besogneuse
Une extraction de charbon
une levée de couronne
Témoin d’une grâce, en majesté
La plupart des êtres que j’aime ont perdu leur force
Prier est mon tracas suprême
Au nom du ciel et de la terre je fais l’amour à tire d’elles et me caresse encore moi-même
La peur je la jette au feu !
Etendue le corps nue
sur la neige en pleine nuit
la vérité est toujours convaincante – pas vrai !?
Immaculée, affinée, dénuée de technique
une voie étroite creuse mes oreillers
Et je dis – la jouvence est une rivière
Et je vous dis la jouissance est un foyer
Elles s’écoulent depuis des coeurs à se marrer – en trompette! – jusqu’au bout du bout – des amours impatientes – lentes- tonitruantes
la vie s’étire
et obtient son ciel, son voeu de pureté
La Clarté
Membres élagués tissant au hasard
La voix craquée de parasites
Comme une vieille radio
Je m’y perds
Ta sincérité captée comme un éclair de lucidité
Absolument impitoyable
Je rode
J’effleure
L’incontournable
…
Le tracé le sillon
La griffure
De la main qui ne saisit rien
La mémoire et sa faim
Ses hanches où rien ne vient
Mes yeux sont fous
Ma vérité est folle
Je vole
Petite
L’espace autour de moi se raréfiait
Et pourtant
Je ne pouvais m’arrêter de vouloir le remplir
J’en voulais plus
Je voulais sortir du cadre
Quitter la photo de famille
M’évanouir évaporée
J’ai suivi les ellipses les rails
Je me suis perdue aux tangentielles d’un rectangle
Ai Trouvé refuge dans un cercle
Parcourant ce qu’il me restait d’enfance
Le corps en torsade
Mon enveloppe est un décor
Une ombre portée
Un temps scellé
De ma fatigue amoureuse je fais une paresse
Les jours de chance
Tu la prends encore pour
- De l’élégance
Il existe un fil entre mon œil et ma main
Ce fil guide mon désir
Cou ma vision
Me dira si j’ai tort ou raison
Une posture une anomalie
Une maladresse un geste dandy
A la gauche du corps j’ai mis l’attente
A ma droite le souvenir de toi
Je suis écartelée
Rassemble-moi
Je hachure je panache je stéréotype
De quoi j’ai l’air ?
How do I look ?
Je deviens un crayon de couleurs
Souvent la maladresse s’obstine
Le bras tendu devient un coup
Le paysage dans lequel je m’endors
Est d’une luminosité inclassable
Mon sommeil est une disparition
Je m’évanouis je feins
En rêve je vole
Mais le vent n’en sait rien
J’ondule pour rester vivante
La grâce n’est finalement qu’un interstice
La beauté s’invite chez ma douleur
Ou quelque chose comme ça
Mes pieds s’affolent je rejoins le rythme
Monte en marche
Ne rien dire
Fermer les yeux
« Laisse-faire maintenant »
C’est la peur qui interloque
C’est la peur qui immobilise
Imaginez le bon degré d’ouverture
Dans une goutte de sueur je me dissous
Dans ta bouche je me répands
Fluidité incessante de ce qui nous tient en vie
Fluidité incessante de ce qui tient la vie
Frôlant l’extase ou l’explosion
Ouverture fermeture
Expansion contraction
On tombe on se relève
La mort puis c’est déjà la vie
Une vague qui ne retomberait pas
Ça n’existe pas
Ce que je sens n’est pas représentable
Ce que tu sens n’est pas représentable
Taisons-nous tais-toi
Ne bouge pas
Au degré zéro de l’instant je te quitte
Je pleure tes yeux comme à l’opéra
Je prends la forme
Mais de nouveau ça éclate
Et il me faut remplir
De l’attente de l’angoisse du souvenir
Je fais des jeux de mains
Violents gracieux paresseux offerts à tous
Seule avec une force
Comme une note sans mélodie
En variation en série
J’ai le désordre des vols de moustiques
Il me fallait quitter le corps des autres
Trouver mon identité personnelle corporelle sexuelle
Le corps dans toutes les postures
Claudication déconcertante
Délicatesse d’un pas de danse
Dilatation
Déambulation
Le corps existe
Mon corps existe !
Etre m’est léger mais cruel
Paraître me protège
J’apprends à me dénuder dès lors que je porte un masque
Réservoir d’intensité
Reflets d’ambiguïté
Non pas ce geste là
Ce geste là vient du dehors pas du dedans
Ma réalité est une image décollée
Pliée agrafée mise en couleur
A la bombe au pistolet
Mon chagrin est une pluie localisée
Une nappe de brouillard
A l’avant et à l’arrière de la voiture
Je scrute la vérité des corps
Celle des oiseaux
Je cherche je cherche où réside la joie
Votre joie
Et je descends
Au-dessous des mots et des formes
Je descends
Sourde
Souffrant d’un mal caduc
L’attachement
L’arrachement
J’ai revêtu la forme humaine
Mais au fond je le sais bien
Je suis un puma qui traverse ton rêve
De tes impolitesses
De tes caresses
Une écuelle d’eau salée je me suis faite
Puis j’ai tiré les rideaux comme Electre
Habité l’immobilité
Renoncé à la dispersion
J’aime la beauté des formes
Même nues
Même nues
Je rêvais d’une présence sans lacune
A en devenir folle théâtrale
Ma foi est la concentration
Je suis venue à bout de mes sueurs nocturnes
Ai Rééduqué mon souffle
Dissimulé mes larmes
Mon déhanchement est une contrefaçon
Je reste une affamée
J’en oublie parfois même de manger
La lumière pure est imprévisible Toujours
Elle arrive tout Bonnement
Du dépouillement jaillit une force
Je me lève je vais à la fenêtre
Et j’imagine le geste simple
Hâtif mal formé inconséquent
Ce geste indique pourtant que tout à changer
En moi une autre femme se lève
- Livrée aux courants d’air